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Gaza, risque de catastrophe humanitaire
publié le lundi 17 novembre 2008

T. Hocine
 
La situation dans la bande de Ghaza n’est pas nouvelle et elle a tout l’air d’une punition collective, un chantage par l’alimentation, comme l’avait souligné dans un rapport qui avait fait date dans les annales de l’ONU, l’universitaire suisse Jean Ziegler. C’est l’arme alimentaire que brandit Israël, puisque la distribution d’aide alimentaire à la population de Ghaza a cessé vendredi (14 novembre) en raison du renforcement du blocus israélien.

« Nous n’avons plus de denrées. Nos entrepôts sont vides », a déclaré Chris Gunness, porte-parole de l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés de Palestine. « Cela signifie que des enfants, des mères de famille et des personnes âgées parmi les plus vulnérables et les plus défavorisées au Proche-Orient ne recevront plus l’assistance de l’ONU », a-t-il ajouté.

Encore que ce responsable n’a pas donné de statistiques, car elles auraient renseigné de manière claire sur la détresse de la population palestinienne contrainte à la pauvreté.

En temps normal, l’UNRWA distribue des aides alimentaires à quelque 750 000 personnes, soit la moitié de la population de la bande de Ghaza, mais elle ne reçoit plus de provisions depuis quelques jours en raison du renforcement du bouclage imposé par Israël dans une tentative de mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes, lancées en signe de résistance à l’occupant israélien, lequel a violé la trêve qu’il avait conclue avec les mouvements palestiniens.

La fermeture des points de passage, maintenue vendredi, a aussi entraîné une pénurie de carburant qui a conduit à des coupures de courant après l’arrêt de l’unique centrale électrique de Ghaza, qui produit quelque 30% de ses besoins en électricité. Le reste est fourni par les réseaux israélien et égyptien.

Israël impose le blocus à Ghaza depuis que les islamistes du Hamas y ont pris le pouvoir par la force en juin 2007 aux dépens du Fatah du président Mahmoud Abbas. Cette mesure était censée être allégée avec la trêve de six mois et Israël avait autorisé le passage des marchandises dans Ghaza. Mais Israël a bouclé Ghaza après les tirs de roquettes des derniers jours tout en relançant des opérations militaires qui ont coûté la vie à 11 militants palestiniens depuis le 4 novembre. « Nos roquettes sont un message signifiant que nous riposterons à toute violation (israélienne) et que nous restons attachés à notre droit à la résistance », a rétorqué un chef du Hamas, Khalil Al Hayya, à Ghaza.

Par ailleurs, le premier ministre palestinien affirme qu’il ne veut pas d’un d’état binational

Le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a rejeté hier l’idée d’un « Etat binational » israélo-palestinien récemment évoquée par son négociateur Ahmed Qoreï comme alternative à un éventuel échec du processus de paix au Proche-Orient, lors d’une conférence de presse à Paris.

Cette idée « ne correspond pas à notre position. Il n’y a aucune ambiguïté concernant la position officielle palestinienne. Nous sommes attachés à une solution de deux Etats », a-t-il dit. M. Fayyad, en visite à Paris, a souligné que la solution de deux Etats faisait l’objet d’un « consensus international » et que la communauté internationale ne comprendrait pas un changement de position à ce sujet. « Toute autre solution que celle de deux Etats va mener vers l’inconnu », a-t-il dit, rappelant que la déclaration d’indépendance palestinienne de novembre 1988 acceptait « un Etat sur 22% du territoire historique de la Palestine ». « Le peuple palestinien ne peut plus accepter d’autre concession », a-t-il encore dit.

Il a souligné que la solution de deux Etats répondait au principe de « la terre contre la paix » adopté depuis les négociations de paix israélo-palestiniennes lancées en 1991 à Madrid. M. Fayyad a de nouveau plaidé en faveur d’un règlement de paix qui se fasse sur la base des résolutions de l’ONU demandant le retrait israélien des territoires occupés depuis 1967, y compris El Qods Est.

Le 22 octobre dernier, le négociateur Ahmed Qoreï avait évoqué à Paris l’hypothèse d’un « Etat binational » pour sortir de l’impasse où se trouvent les négociations depuis la conférence d’Annapolis (Etats-Unis) qui prévoyait un accord avant la fin du mandat de Georges Bush. Interrogé alors sur les conséquences d’un éventuel échec de ces négociations, M. Qoreï avait répondu que les Palestiniens avaient d’autres options, comme la « résistance » ou celle d’un « seul Etat » entre Israéliens et Palestiniens, un « Etat démocratique, laïc et non raciste ».

On sait aussi que les Israéliens furent les premiers à rejeter l’idée de Ahmed Qorei, chef des négociateurs palestiniens lors du processus d’Oslo. Il l’avait fait pour défier les Israéliens qui craignent d’être minoritaires dans les quelques années qui suivront un tel projet.

Israël cessera alors d’exister. De nombreux responsables israéliens craignent cette perspective et c’est pourquoi, ils appellent à la création d’un Etat palestinien.

Par T. H.

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